Jolie Normandie

Mont saint-michel
Les grandes marées, Mont Saint-Michel

 

Pour une fois le voyage s’entremêle quelque peu avec ma vie professionnelle.

Le voyage commence en dehors de sa zone de confort, mais peut-il aussi commencer dans la zone de confort que l’on a jamais vraiment pris le temps de découvrir?

Cette semaine, mon voyage sera comté ici, au fond de la jolie Basse-Normandie, sur les petites routes de la Manche.

 

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Mont Saint-Michel/ Les mains de Papy /Baie du Mont Saint-Michel

En partant travailler tous les matins, je prends la petite route de campagne menant jusqu’à la seule grande ville à des kilomètres à la ronde. Les champs sont bien verts, les maisons de pierre se réveillent doucement sous le soleil du matin. Cette nuit, la pluie a tambouriné à la fenêtre lourdement, sans se lasser. En traversant les petits villages ce matin, je découvre un paysage transformé par l’eau. Les ruisseaux ont débordés généreusement de leurs lits et ont recouvert l’herbe fraiche des pâturages normands. Le soleil se reflète tendrement sur l’eau. C’est beau.

 

Je regarde avec des yeux nouveaux cette région où j’ai quasiment grandis. La Manche a toujours rimé avec vacances. Mais aujourd’hui, le jeu s’inverse. Je cherche à m’incruster dans ce paysage, à y trouver mes repères.

 

Être dans la Manche, c’est un peu comme être à l’étranger. Un petit peuple de résistants, fort en traditions, vivant au rythme de la terre. La France est un pays riche culturellement, chaque région possède son patrimoine, tous aussi variés les uns que les autres. Et les Normands sont bien là pour nous le rappeler. En Normandie on vie bien, on mange bien, des produits frais produits par tes voisins. On a de belles maisons de pierre et de grandes familles. Certes peux de distractions pour les habitués de l’offre abondante des mégalopoles françaises, mais ici les groupes d’amis sont soudés, et les maisons se transforment vite en complexes hôteliers ou nocturnes à l’organisation n’ayant rien à jalouser des professionnels. Car dans le grand ouest on ne s’éloigne jamais très longtemps de sa terre natale. Ici la solitude n’est pas monnaie courante, même si de longs pâturages d’herbe luxuriante séparent chaque maison.

 

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Saint Suzanne sur Vire

Dans la Manche il ne faut pas s’attendre à vivre au rythme du grand monde et de la frénésie urbaine. Ici, c’est un petit havre de paix ou l’on oublie ses soucis, un retour aux sources.

Un manchot, comme un breton, ou comme un basque reviendra toujours au pays, au milieu de sa famille. Des valeurs que j’avais quelques peu oubliées ces dernières années.

 

Il est 17h, je finis ma journée de travail. La grêle tombe sur la route du retour. Le ciel devient orange, c’est magnifique. Entre ses rayons, aux couleurs presque surnaturelles, tombe la pluie qui brille sous le soleil couchant. Les maisons de pierre prennent des airs de scène de cinéma, luisant sous les reflets de l’eau. J’aime définitivement cette région. Et encore plus sous la pluie.

 

Ce petit pays qui vit au rythme de la terre, au rythme des gens. Ce petit pays qui continue à suivre ce modèle ancestrale. Cette terre d’irrésistibles qui vie à son rythme loin de toute pression. Les naissances côtoient les lunes, les plantes sont choyées comme des enfants, les familles se connaissent depuis des générations, et les anciens transmettent généreusement leurs passés sous les oreilles attentives de leur descendance. On aime se retrouver autour d’énormes repas confectionnés grâce aux terres de chacun, le vin coule à flot, et les voix cherchent à s’élever plus fortes les unes que les autres.

 

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Ce pays où les secrets n’existent pas, où les avenirs sont tout tracés, où l’égarement n’a pas de place. Ce pays sécurisant, où chacun prendra toujours soin de son prochain. Ce petit pays plein de traditions et d’habitudes. Je passe du temps dans ce cocon moelleux, je ne suis jamais seule, chacun se soucie du bienêtre de l’autre, tout est générosité et simplicité. Puis quand je sors de cette bulle, le vent frais du monde moderne me rappel à la réalité, au mouvement, au monde, à la solitude de l’instabilité, et réveil ma curiosité, mon envie de tout voir, de tout connaitre.

 

C’est cette route, celle des vacances en Normandie qui m’a polie pour le voyage. Chaque vacances scolaire, chaque pont, chaque tranche de plus de 72h nous la passeront sur la route, à mordre les kilomètres pour les voir. À chaque retour, je faisais signe derrière la vitre de la voiture, une boule de larmes que je ravalais. Le déplacement pour moi sera toujours plaisir. On nous a forgé à la route, on nous a inculqué que 400km ce n’est rien, que nous avons la France entière à portée de main.

Image ci dessus : Donjean
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