Grandir en Picardie

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En arrivant sur le plateau, la plaine habillée de ses champs de blés ors me surprend. J’en avais oublié que l’été était là. Les engins agricoles s’affairent sous le coucher de soleil, la moisson à commencé. C’est vrai on est déjà en Juillet.

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On se construit autour d’une géographie. Cette région que j’ai toujours cherché à fuir aurait-elle finalement était bénéfique ?

En lisant le livre #nuit debout, Que penser ? de Gaël Brustier, j’ai commencé à doucement me rendre compte de l’importance de ce territoire dans le développement de nos esprits dissipés. Grandir ici nous aurait-il pousser à penser de travers ?

L’Aisne. Cet espace hermétique à la culture et à la distraction. Ce lieu honteusement tête de liste des pires classements. Mauvaise éducation, chômage monumental, et autres clichés du Nord au menu.
On a tous évolué dans des groupes de copains aux familles imparfaites, aux parcours ralentis, nos amis qui collent difficilement au système. Mais faut-il vraiment dénigrer cela ?
Ma région est dure à vivre, elle n’est belle que deux mois dans l’année, quand les usines fument sous les couchés de soleils de l’été, mais c’est elle qui nous a apprise à aller voire plus loin, et à être plus ouvert.
Serions-nous les mêmes personnes aujourd’hui si nous avions grandi sur la cote d’Azur ?
On quitte tous notre terre natale, cherchant les villes, le soleil, les grandes choses, cherchant un peu de vie, mais finalement on s’y re-croisent toujours, et toujours des projets pleins la tête. Parce que lorsqu’on grandit ici, on grandit deux fois plus que les autres. On veux tous aller plus loin, sortir la tête de l’eau dans laquelle on a nagés pendant tant d’années. Mes copains du Nord on tous ce pied en dehors de la ligne, cette folie qui les suit à la trace.
Il m’a fallu du temps pour la comprendre. Il m’a fallu de la patiente pour apprendre à ne plus l’éviter. Tumultueuse Picardie. Quand à 12 ans dans ton collège se bousculent les crânes rasés et treillis militaire, quand à 16 ans tu connais le prénom de tous les sdf aux bras piqués du centre ville, quand à 18 ans tu ne penses qu’à une chose : te barrer une fois ton bac en poche.
Trop de temps passé là bas, ou trop peu par la suite, je n’ai jamais réfléchi à cette région. Je n’ai jamais eu vraiment l’impression d’y être chez moi, mais plutôt de passage. Ma petite maison, et son grand jardin au bord de la rivière, havre de paix, boussole familiale au milieu de ce désert. Les aléas de la vie m’ont finalement amenés à revenir dans cet espace que j’ai toujours mal jugé.
Certes les paysages de l’Aisne ne m’inspire rien. Mais ses habitants, eux, sont des réservoirs sans fin d’histoires. En rentrant en Normandie, ma Picardie m’a sauté au yeux. Les paysages n’y sont pas ressourçant non, comme ici dans la Manche. La Picardie te secoue, elle réveille, elle t’énerve, elle de donne envie de conquérir le monde. Car chez moi il n’y a pas d’accès à la culture, pas de musées, pas de bons films au cinéma. Chez moi les gens votent FN et ont peur de la couleurs. La Picardie est un curieux mélange de campagne profonde, couplé à la proximité de la capitale, là juste à bout de bras. Alors on part facilement, prendre un train, un avion, puis on revient en France en prenant soin de toujours repasser ici. Petite Picardie, avec ses gens qui vont et qui viennent.
C’est ici, en Normandie, où tout va toujours bien, où le seul véritable problème est la pluie, que je me suis aperçu de l’effet de ce territoire sur nos personnalités. Finalement, même en partant à 500km de chez soi on peut apprendre.

 

 

Nord de la France

Le Nord

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Comments

  1. Blonde_Thinking

    11 octobre 2016 at 15 h 34 min Répondre

    Superbe

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