Et le travail ?

Quant à 25 ans tu sens que profiter de la vie c’est fini, comment ne pas t’affoler ?

Un top départ bien organisé, une piste bien balisée, et de belles oeillères offerte à la ligne de départ.
Aller à l’école, faire le plus d’études possible, trouver un travail sans traîner, la maison, la voiture, les crédits, les enfants qui viendront sans trop attendre parce qu’après 30 ans, grands, mais vraiment grand maximum,t’es foutu, et c’est tout le reste qui s’enchainera sans crier gare.
Tu traînes un peu à t’engager dans la vie active, et tu sentiras aussitôt toute cette pression sourde de la société française. Être déconnecté de ton entourage, parce que tous vivent au rythme de cette petite vie bien réglée. Toi, le simple d’esprit, tu as oublié de prendre le train en route, et tu restes là sur le quai à vivre une vie parallèle avec ces gens qui eux non plus n’arrivent pas à choper ce putain de train.
Tu as l’impression qu’ils ne voient pas ce qu’il y a autour. Que ses vacances d’une semaine leur suffisent. Tu passes alors pour un fou qui dilapide son argent n’importe comment. Alors qu’eux peinent à partir 2 semaines, toi tu te payes un an à l’autre bout du monde, tu sautes du train, du suicide.
Comment répondre à cette question de merde qu’ils te poseront absolument tous : alors c’était comment ? Comment tu veux expliquer qu’en fait, le voyage n’arrange finalement rien. Que tu n’es pas vraiment rassasié comme tu le pensais en partant. Aller, je m’accorde un an, une bonne dose en intraveineuse, et après je suis au top pour commencer la vraie vie. Et non. En fait c’est pire. Le peu de motivation et d’ambition professionnelle que tu acquérais un an auparavant c’est totalement évaporée. Non que l’herbe soit plus verte dans la prairie d’à côté, non. Tu en viens juste à te demander si le vrai train, le bon, celui qui arrivera à destination ce n’est pas celui dont tu viens tout juste de sauter il y a deux semaines. Et si toute cette organisation de la vie n’était qu’un gros mensonge, si finalement il y avait d’autres chemins, moins goudronnés pour arriver à destination.

 

 

Lire sur le travail :

Les premiers chapitres de Travail, les raisons de la colère,  de Vincent de Gaulejac sont assez intéressant. La suite un peu trop dramatique à mon gout.

 
Travail, les raisons de la colère, Vincent de Gaulejac
« Le pessimisme dans la réflexion est au fondement de l’optimisme dans l’action. La pensée critique est le terreau de l’imagination créatif qui permet de penser un monde meilleur. C’est en comprenant les raisons de la colère que l’on peut espérer transformer sa force destructrice en énergie créatrice. »

 

« À cette vision négative du travail s’oppose l’idée que la liberté est une conquête dont le travail est le vecteur: conquête sur la nature, qui doit être dominée pour la mettre au service de l’homme; conquête sur sa vie, qui doit être maîtrisée sous peine de tomber dans l’ennui et l’inutilité; conquête sociale, le travail étant source de richesse et de considération. »

 

« La formule « on ne peux pas perdre sa vie à la gagner » exprime parfaitement l’intrication du travail et de la vie, du travail comme moyen de subsister et du travail comme finalité de l’existence. Entre travailler pour vivre et vivre pour travailler, le balancement est permanent. C’est bien parce que le travail fait vivre qu’il fait souffrir. « 

 

« À partir du moment où avoir un emploi est devenu la pierre angulaire de l’existence sociale, que faire de tous ceux qui n’ont pas ou plus de travail ? (…) Il ne s’agit plus de trouver un travail adapté à ses compétences mais d’adapter ses compétences aux offres du marché du travail. La dépendance au marché de l’emploi et aux exigences du travail impose aux travailleurs des rythmes, des habitus et des contraintes tels que le travail devient l’élément principal de l’organisation de la vie. Le travail n’est plus alors une activité parmi d’autres que l’on exerce, mais une activité qui dicte les conduites, les comportements, les modes de vie, les valeurs, l’existence même. (…)

 

Entre le travail et l’existence, l’interaction est constante : il faut travailler pour vivre et vivre pour travailler. La présentation de sois même passe avant toute chose par par l’identification de son identité professionnelle. (…) L’identité professionnelle et l’identité personnelle s’intriquent et se soutiennent dans des mouvements complémentaires et contradictoires. L’être de l’homme se définit essentiellement par le travail, dans un moment où la place du travail dans la société éclate dans une multiplicité d’orientations et de significations de plus en plus aléatoires. « 

 

Et je vous conseille d’écouter ces deux petits TED TALK :

 

Entreprendre sa vie, Jacques Attali

« Chaque vie est une entreprise, et c’est d’abord sa propre vie qu’il faut entreprendre autrement, en cherchant sans cesse en quoi elle peut être unique, en quoi elle permet de faire quelque chose que personne d’autre ne ferait de la même façon. Cela existe, toujours. Le trouver suppose de chercher au plus profond de soi ce qui peut exprimer un talent, une originalité et une façon de rendre un service. « 

 

 

Pourquoi certains d’entre nous n’ont pas de vocation, Emilie Wapnick

Que voulez-vous faire quand vous serez grand ? Si vous n’êtes pas sûr que vous voulez faire la même chose pour le reste de votre vie, vous n’êtes pas seul. Dans ce discours illuminant, l’écrivain et artiste Emilie Wapnick décrit le type de personnes qu’elle appelle « multi-potentialistes » : ceux qui ont toute une palette d’intérêts et de métiers pendant leur vie.

 

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