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Sardaigne, un mois à bicyclette

Village Sarde
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Montagne Sardaigne
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Montagne Sardaigne
ile asinara sardaigne en vélo
Tour de la Sardaigne en vélo
Camping mer sardaigne

Un mois, une île, 1800km et pas de cuissard.

Jour 5
– Regarde sur internet si il est bon de boire l’eau de cuisson des pâtes.
– Apparemment oui. 
– Ça nous économisera un peu d’eau, et ça servira de tisane.
 
Ça c’est nos vacances. Faire nos lessives dans des lavabos de gare, sécher nos sous vêtements à la terrasse d’un café, et se laver  avec un litre d’eau par personne le cul a l’air, en pleine nature. Un quotidien qui ressemble à s’y méprendre à la vie d’un sdf. Le vélo dernier cri en moins certes. 
 
Au pays des gens qui parlent très fort, la vie ne suit son court qu’entre 9h et midi. Au delà de ces horaires, tu pourrais creuver la gueule ouverte, dirons nous avec poésie. La Sardaigne s’endort la moitier de la journée, telle la belle au bois dormant, laissant le charme grandiose de ses paysages méditerranéens occuper le touriste. 
 
Jour 10
Nous voilà à la ville. La consommation et le repos s’offrent enfin à nous après ces premiers 600km. Le charme du retour au confort, matelas douillet, douche chaude, lessive, cuisine. Que demande le peuple.
 
C’est reparti. Mon vélo est réparé, mes pneus regonflés, j’ai un casque, et nos estomacs sont comblés. Mes jambes sont légères, les kilomètres glissent sous les pedales. Les petites douleurs et la fatigue ont disparus pour quelques jours. Les paysages sont beaux. Je commence à me sentir en voyage.
 
C’est à l’heure où les abeilles des ruches avoisinantes dorment encore, que nous commençons notre journée. Aussi tôt le matin, je peux encore marcher pieds nus sans crainte, car les serpents, eux aussi, sont en plein sommeil. Même le soleil peine à se lever. 
 
J’imagine le camping cariste montant jusqu’au parking, à 1500m d’altitude, sous la brume et la pluie. Au détour d’un virage, il nous croiserait en serviette de bain, savon à la main, sortant de la cascade glaciale, entre deux chèvres et une vache. 
 
C’est dans le cœur de l’île que se cachent les sardes. Au détour d’un faux plat, entre deux descentes qui montent, au milieu d’une montée à n’en plus finir, ou au bout d’une descente à en avoir des fourmis dans les mains. Les petits villages s’animent enfin, les bars se bondent d’hommes sirotant leurs cafés dans des paysages splendides. Les journées sont panoramiques et bouillantes. Les hommes semblent être attablés sur les terrasses depuis des millénaires. Les bandes de pépés sardes eux, préfèrent se retrouver avec leurs bécanes bridés, au coin d’une rue, loin de l’agitation virile des terrasses. Mais où sont les femmes ? Là, au coin d’une rue, hurlant après une ribambelle de gosses affublés de leurs plus beaux maillots de foot. 
On nous observe. On nous offre aisément de l’eau, un verre de vin, un gâteau, du fromage. Le vélo suscite une espèce d’admiration. Pourtant, il me semble devoir redoubler d’efforts lors des mêmes voyages à pieds ou en stop. 
 
Le mec du B&B passe environ, 20 min à nous expliquer le fonctionnement de la machine à café. Le reste du logement ne semble pas avoir d’importance. 
 
La Sardaigne à la douce ambiance des îles. Les rencontres habillent les paysages de personnages attachants. 
 
Costa Smeralda
Retour sur la côte. La chaleur est écrasante, les touristes aussi. 
 
Please, it’s forbidden to put the bike in the sea. Passport please.
Mon vélo n’est pas dans la mer monsieur l’agent. On vient nous déloger de notre pause pique-nique sur la plage apparemment réservée aux sièges pliants et aux parasols coca-cola. 
 
Le soleil brûle l’asphalte noir. Les Porsche pavanent telles les reines de la côte Est. Le café est plus cher qu’en France, et il est servi en anglais. 
Les côtes idylliques de l’île ne sont que d’immenses complexes touristiques. Vides de sens et d’habitants.
 
Ici tous le monde est bronzé, svelte, riche et le cul a l’air. Le matin tu peux apercevoir Roberto joggant en calbut torse doré le long de la national, ou encore Jean-Édouard en slip à canard passant son coup de fil décontracté sur la plage. 
Le long de l’eau turquoise, une famille de sanglier (serait-ce un message divin ?) se balade entre les strings de bain, à la recherche d’une chips oubliée. Téléphone en main, les chasseur d’images à poil mais sans poils, mitraillent l’animal sans défense. 
 
Jours 27
Tout va bien. Un peu trop bien. C’est le moment de rentrer, mais je n’ai pas envie de rentrer. C’est enivrant tant de liberté. Ce petit monde parallèle est addictif, on ne voudrait jamais s’arrêter. Le monde réel n’a plus vraiment de sens quand on passe ses journées à pédaler et que l’on dort dans des endroits magnifiques sous un morceau de tissus à 300 balles. 
 
Il fait beaucoup trop chaud. La stratégie consiste à rester le plus près possible d’un point d’eau sans bouger. 
Les groupes d’adolescents se tournent autour. Les garçons se chamaillent comme des jeunes loups pendant que les filles se regardent les fesses en tirant sur leurs jupes ultra-moulantes. J’ai chaud. C’est le défilé de l’âge bête dans ce parc. Sur leurs vélos, les petits mâles se prennent pour des motards mais ils ont oubliés leurs barbes à la maison. Ça fait des pirouettes pendant que je mange mes cacahuètes. Les filles minaudent devant leurs visages type margaritas sorties du four. Les charmes invisibles de l’adolescence.
Un type fait le tour de parc en vélo depuis une heure. Il fait 40 degrés. Un enfant passe avec un manteau sur le dos. Rien de va plus dans cette ville. 
 
Qu’il est bon de se balader nu comme un ver. On se sent seul au monde sur l’île d’Asinara. Le dernier bateau partira finalement avec nous. La compagnie maritime ne semble pas vraiment concernée par le respect des règles du parc national. La femme de l’office du tourisme, elle, a la vue de la tenue crocs et à la coiffure du type crête-crasseuse de Léo, à exigée une preuve d’hébergement sur l’île pour embarquer.
Nous plantons donc la tente entre les ânes blancs. Cette espèce animale typiquement sarde, consanguine, et abandonnée, devenue maintenant protégée et unique au monde. Il fallait le faire. La nuit aurait pu être parfaite et reposante, sans moustiques, ni être humain, si ce n’est les hordes de goélands hurleurs qui passerons la nuit à se fendre la poire à gorge déployée devant notre tente. Merci.
Sur l’île aux airs paradisiaques, parsemées d’anciennes prisons, se baladent aujourd’hui voiturettes de golf, petits trains touristiques et vélos électriques. Les hommes enfermés ont disparus, et les ânes de labeurs ont retrouvés leur liberté. On emprisonnait ici les hommes, loin du monde et aujourd’hui on vient admirer ses ânes blancs sauvages, couchés le long d’un ancien camps, sans avoir à fournir le moindre effort physique. Que c’est beau Asinara. 
 
J31
C’est la fin. Changement de roulettes. On passe derrière le comptoir. La douce danse des saisons, un pas en avant, un pas en arrière. 
Un mois à un vélo. On avait eu peur que se soit difficile et long, mais ça aura était tellement facile et rapide. La vie sur des roulettes, c’est plutôt bien. Roulettes à moteur ou roulettes à sueur, qu’importe, tant qu’elles roulent. 
 
Nouveau message : «vous rentrez quand ?»
Rentrer ou ? 
 
– Charge ton téléphone, on aura pas d’électricité en rentrant, le panneau solaire est éteint.
 
Il y a de l’eau chaude dans la douche du ferry, j’en profite pour me laver les cheveux, ce sera plus simple qu’à la maison. J’ai l’impression d’avoir oublié quelque chose en sortant. Sûrement tous le sel de la Méditerranée collé à ma peau. Il ne rentrera pas avec moi, lui a préféré retourner d’où il venait. 
Normalement lorsqu’on rentre de voyage, on est heureux de retrouver son petit confort. Eau chaude, électricité, frigo, sédentarité. Nous passons d’une forme de nomadisme à une autre. En rentrant, il faudra remplir la cuve du camping-car pour se laver, peut-être que la pompe à eau ne fonctionnera pas avant demain si le soleil à manqué. Nous continuerons de charger nos téléphones aux panneaux solaires, et nous n’aurons toujours pas de frigo. Certes nous aurons un moteur pour faire tourner nos roues, et quelques placards en plus pour stocker. Nous n’aurons pas à chercher ou dormir, car nous aurons jeter l’encre aux pays du salariat pour les trois prochains mois.
Le plus difficile dans ce voyage là est de savoir chaque soir de quoi demain sera fait. 
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