Argentine, premiers pas

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L’argentine.

 

L’Argentine C’était en 2013.

Mon premier vrai grand voyage. À l’époque déjà je frétillais d’impatiente de pouvoir me lancer sur les routes, et vivre une vie digne des tonnes de romans de voyage que j’avalais depuis des années.

Malheureusement, la vie active m’avait attrapé en chemin. Je devais encore patienter quelques mois dans mon petit bureau avant de pouvoir plonger dans l’aventure dont je rêvais depuis tant d’années. C. était parti étudier pour un an à Mendoza. Il alimentait généreusement un blog, que je consommais boulimiquement pendant mes heures de boulot. Et puis, un matin d’hiver de février, mes rêveries prirent le dessus, et ces quelques mots qui me rongeaient sont sortis, sans pouvoir les retenir, de ma bouche. « Monsieur, serait-il possible d’avoir un mois et demi de congés ? ». J’avais 4 mois d’ancienneté. D’abord ce fut le refus, et l’état le choc de mon patron dirais-je. Puis de fil en aiguille, ma responsable, compréhensive et ouverte m’avait fait accorder 3 semaines de répit. J’avais acheté le billet en fermant les yeux sur le prix, j’étais surexcitée, j’avais symboliquement rempli mon sac à dos. Je partais. Je n’avais plus besoin de rien. Enfin, pour seulement 3 semaines… Le boulet de mon emploi au pied.

 

J’avais atterri à Salta, dans le Nord de l’Argentine. L’air était chaud et humide. L’aéroport était minuscule, au milieu d’un pseudo jungle. C. m’attendait, il avait le teint mat et la dégaine relaxée des latinos qu’il avait fini par adopter lui aussi. On avait rejoint la petite auberge de jeunesse de la ville. Je ne savais pas à quoi m’attendre. L’Amérique latine n’existait pas dans mes rêveries, je n’en avais pas d’attente particulière, je ne connaissais absolument rien de ce continent.

 

P. dit que je suis un parasite. Parce que je me laisse vivre à travers les autres. C’est ma façon de voyager. J’aime être guidé, voir des choses que je n’irais pas voir de moi-même, j’aime éponger la personnalité de quelqu’un d’autre et vivre à sa façon. L’Amérique latine ne m’avait jamais vraiment tenté. À l’époque l’Asie me subjuguait. Aujourd’hui c’est l’inverse.
Cette nuit-là en arrivant à l’auberge il avait plu des trombes d’eau hallucinante et nous avions eu peur d’avoir à annuler la location de voiture du lendemain. Nous avions roulé par la piste de terre jusqu’à Cafayate. C’était à couper le souffle.

 

J’avais découvert cette culture où l’ont partagé son maté à longueur de journée, une boisson chaude à base d’herbe que l’on boit chacun son tour à l’aide d’une paille métallique. Les soirées autour de l’asado, ce grand barbecue où grillent des pièces viandes tellement délicieuses qu’un végétarien n’y résisterait pas, que l’on dégustent en se passant de mains en mains l’unique énorme verre d’alcool que l’on se partage puis remplit généreusement. Nous étions ensuite redescendu à Mendoza, dans cette grande maison où C. vivait en colocation avec des latinos de tout le continent. Le Dulce de leche dégoulinant des alfajores que l’on mangeait au soleil sur la terrasse et les empanadas bien garnient de viande et de fromage du petit restaurant du coin de la rue.

L’Amérique latine procure toujours ce sentiment d’euphorie. On s’y sent bien. L’Argentine fut l’un des rares pays où je me suis réellement sentie triste de partir et de quitter cette terre et ces gens si chaleureux.

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